Comment sont calculées les cotisations sociales d'un TNS en 2026 ?
Un TNS (Travailleur Non Salarié) est un indépendant qui cotise auprès de l'URSSAF et d'une caisse de retraite propre à sa profession, en dehors du régime général des salariés. Cela concerne les entrepreneurs individuels au réel (BIC ou BNC), les gérants majoritaires de SARL et EURL, ainsi que les associés de SNC. Chaque euro de bénéfice déclenche des cotisations : maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG et CRDS.
Depuis 2026, ces cotisations ne se calculent plus sur le revenu brut déclaré, mais sur une assiette réformée : revenu professionnel × 74 %. Autrement dit, on retire d'abord un abattement forfaitaire de 26 % avant d'appliquer les taux. C'est un changement structurel qui a un impact direct sur le calcul et sur la lecture des taux effectifs. Vous pouvez retrouver l'analyse détaillée dans notre article dédié à la réforme URSSAF 2026.
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) sert de référence pour plusieurs plafonnements de cotisations. Il s'établit à 48 060 € en 2026 (soit 4 005 € par mois). C'est également la borne technique utilisée pour la progressivité de la cotisation maladie.
La réforme de l'assiette 2026 : ce qui a changé
La réforme est entrée en application avec la régularisation des cotisations d'avril 2026, sur la base des revenus 2025. Elle repose sur trois piliers. D'abord, un abattement forfaitaire de 26 % appliqué au revenu professionnel : l'assiette devient donc systématiquement égale au revenu × 74 %. Ensuite, la fin de la déduction au réel des cotisations sociales et de la CSG déductible du revenu déclaré. C'est le corollaire de l'abattement : on ne peut pas cumuler les deux avantages.
Troisième pilier, la cotisation maladie devient progressive. Elle est nulle sous 20 % du PASS (environ 9 612 € de revenu), puis grimpe progressivement pour atteindre 8,5 % au-delà de 300 % du PASS. Les indépendants à faibles revenus paient donc peu ou pas de maladie, alors que les revenus élevés voient cette branche peser davantage. À noter également côté CIPAV : hausse du taux de retraite complémentaire de 24,6 % à 26,1 % au 1er juillet 2026. Un point à intégrer dans les prévisions de trésorerie des professions libérales concernées.
Un exemple concret
Prenons le cas d'un consultant en profession libérale qui dégage 60 000 € de revenu professionnel sur l'année. L'assiette de cotisations n'est pas 60 000 €, mais 60 000 × 74 %, soit 44 400 €. C'est sur ce montant que les taux s'appliquent, branche par branche.
En pratique, la charge globale se situe entre 40 % et 46 % de l'assiette selon la caisse de retraite et le niveau de revenu, soit une estimation de cotisations comprise entre 17 760 € et 20 424 € pour ce consultant. Le montant exact dépend de la caisse (SSI ou CIPAV), du secteur d'activité et des plafonnements de certaines branches. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif : ils ne remplacent pas un calcul individualisé, mais permettent de dimensionner sa trésorerie et ses acomptes URSSAF de façon réaliste.
Les taux selon votre régime
Le taux global effectif dépend avant tout de la caisse de retraite dont vous relevez. Voici les fourchettes constatées en 2026, appliquées à l'assiette réformée (revenu × 74 %).
| Profession / statut | Caisse de retraite | Fourchette de charges (sur assiette) |
|---|---|---|
| Profession libérale non réglementée | SSI | 40 % à 46 % |
| Profession libérale réglementée | CIPAV | 41 % à 47 % |
| Médecin | CARMF | 42 % à 50 % |
| Infirmier, kinésithérapeute, orthophoniste | CARPIMKO | 40 % à 46 % |
| Avocat | CNBF | 38 % à 45 % |
| Artisan | SSI | 42 % à 47 % |
| Commerçant | SSI | 42 % à 47 % |
| Micro-entrepreneur | Micro-social | 21,2 % du CA (régime distinct, hors assiette réformée) |
Les professionnels de santé relèvent de caisses spécifiques (CARMF, CARPIMKO) dont les paramètres évoluent chaque année. Nous suivons ces ajustements pour nos clients dans le cadre de l'accompagnement des indépendants.
Comment réduire ses cotisations légalement
Le premier levier est le pilotage des acomptes URSSAF. Par défaut, les cotisations provisionnelles sont calculées sur le revenu de l'avant-dernière année. Si votre activité progresse fortement, vous encaisserez un rattrapage douloureux deux ans plus tard. À l'inverse, une année en repli gèle une trésorerie qui pourrait rester dans l'entreprise. Actualiser son revenu estimé plusieurs fois par an évite l'effet de régularisation.
Deuxième levier, l'arbitrage entre rémunération et dividendes en société. En SARL ou EURL à l'IS, le gérant majoritaire peut moduler la part versée en salaire (soumise aux cotisations TNS) et la part distribuée en dividendes (partiellement soumis, au-delà de 10 % du capital social et primes). L'équilibre optimal dépend du niveau de revenu, des droits sociaux souhaités et de la fiscalité personnelle. Notre simulateur dividendes permet de comparer les deux voies chiffres à l'appui.
Troisième levier, l'épargne retraite déductible. Les versements sur un contrat Madelin (contrats en cours) ou un PER individuel s'imputent, dans certaines limites, sur le revenu imposable et sur l'assiette sociale pour la part Madelin historique. Bien calibrée, cette épargne réduit l'impôt et prépare la retraite d'un TNS souvent moins couvert qu'un salarié. Une analyse personnalisée reste indispensable pour éviter les erreurs de plafond.