À quoi sert le barème kilométrique en 2026 ?
Le barème kilométrique permet de déduire ses frais de déplacement professionnel au réel, plutôt que de retenir l'abattement forfaitaire de 10 % appliqué automatiquement aux traitements et salaires. Il s'adresse aux salariés qui optent pour les frais réels dans leur déclaration d'impôt sur le revenu, ainsi qu'aux travailleurs indépendants et professions libérales qui utilisent leur véhicule personnel pour leur activité.
Concrètement, le calcul prend en compte la puissance fiscale du véhicule et le nombre total de kilomètres parcourus dans l'année à titre professionnel. Le montant obtenu couvre l'ensemble des frais d'usage : carburant, entretien, assurance, dépréciation et pneumatiques. Il vient réduire le revenu imposable et peut représenter une économie d'impôt substantielle pour ceux qui roulent beaucoup pour leur travail.
Pour les indépendants et dirigeants, cette déduction se combine avec l'ensemble des charges professionnelles retenues dans le cadre d'une mission de comptabilité et reporting. Elle s'articule également avec le calcul des charges sociales TNS lorsque le véhicule sert à l'activité travailleur non salarié.
Le barème kilométrique 2026
Le barème applicable aux revenus 2025, publié pour la déclaration 2026, se lit en trois tranches selon la distance annuelle parcourue. Les montants sont exprimés en euros et « d » représente la distance en kilomètres.
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Le barème est plafonné à 7 CV. Les véhicules 100 % électriques bénéficient d'une majoration de 20 % sur le montant obtenu.
Comment lire la puissance fiscale de votre véhicule
La puissance fiscale, exprimée en chevaux fiscaux (CV), se trouve sur la carte grise dans la case P.6, située en bas à gauche du certificat d'immatriculation. Il ne faut pas la confondre avec la puissance réelle du moteur exprimée en kilowatts (P.2) ou en chevaux DIN, qui apparaît dans la case P.3.
La grande majorité des berlines urbaines et compactes se situe entre 4 et 6 CV. Les SUV, monospaces et grandes berlines dépassent souvent 7 CV. Une même motorisation peut présenter des puissances fiscales différentes selon les finitions, il est donc utile de vérifier la case P.6 avant tout calcul.
Un exemple de calcul
Premier cas, un consultant indépendant qui utilise un véhicule de 5 CV et parcourt 4 000 kilomètres professionnels dans l'année. Le calcul relève de la première tranche. L'indemnité s'élève à 4 000 × 0,636, soit 2 544 euros déductibles de son revenu imposable.
Deuxième cas, un commercial qui utilise un véhicule de 6 CV et parcourt 15 000 kilomètres professionnels. Le calcul relève de la tranche intermédiaire. L'indemnité s'élève à (15 000 × 0,374) + 1 457, soit 5 610 + 1 457 = 7 067 euros déductibles. Si le véhicule est 100 % électrique, ce montant est majoré de 20 %, ce qui porte l'indemnité à 8 480 euros environ.
Frais réels ou abattement de 10 %, comment choisir
Les salariés bénéficient par défaut d'un abattement forfaitaire de 10 % sur leurs traitements et salaires, plafonné à un montant fixé chaque année. Opter pour les frais réels n'a d'intérêt que si l'ensemble des frais professionnels réels, dont les frais kilométriques, dépasse cet abattement.
En pratique, au-delà d'environ 5 000 kilomètres professionnels annuels, les frais réels dépassent souvent l'abattement forfaitaire pour un salaire moyen. Le calcul doit être fait chaque année, car il dépend à la fois du revenu, de la puissance fiscale du véhicule et du kilométrage. Pour les dirigeants et indépendants accompagnés dans le cadre d'un suivi dédié aux indépendants, l'arbitrage est systématiquement intégré à la revue fiscale annuelle.